Vous avez un nouveau message

Temps d'écoute : 5 min

  
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Salut,

À partir de maintenant, les infolettres du dimanche réservées aux abonné·es à la formule payante auront aussi un format audio. Comme je vous aime bien toutes et tous, j'ai eu envie de vous parler aussi, de vive voix — qui sait, peut-être que ça vous donnera envie. Je n'appelle pas ça un podcast, parce que je ne vais faire aucun travail de montage, d'habillage ou de mixage sur ce format. Le but n'est pas que ça me prenne 5h de travail pour un texte qui se lit en 6 minutes maximum. Le but est plutôt d'explorer une nouvelle manière de raconter mes histoires.

Quand les messages vocaux sont devenus quelque chose, quand on a commencé à pouvoir en envoyer sur toutes les applications de messagerie, j'ai été horrifiée. Je suis de la génération qui déteste téléphoner. Il m'a fallu deux jobs qui nécessitaient de décrocher le combiné des dizaines de fois par jour pour me décoincer des "allô" et arriver ensuite à réserver une table au restaurant ou prendre rendez-vous chez un médecin que je ne connais pas. Je me suis demandé pourquoi ça avait tant de succès, et quand mes copines ont commencé à m'envoyer des vocaux, je prétendais toujours que je ne pouvais pas les écouter. C'était parfois vrai — quand je traîne sur mon tel à 2h du mat' parce que je n'arrive pas à dormir et que mes écouteurs ne sont pas à côté de moi — et parfois c'était bien entendu super faux. Pardon les copines, je vous aime.

C'est totalement pendant la pandémie que j'ai commencé à aimer les messages vocaux. Attention, toujours pas ceux laissés sur le répondeur, uniquement ceux qu'on s'envoie entre deux textos, parfois accompagnés d'un "je peux te vocal ? ça ira plus vite". Au plus fort des confinements, c'était une joie d'entendre la voix de mes proches au creux de mon oreille. Mieux qu'en visio, quand la synchro image-son est rompue par un lag.

Je suis une meuf de l'écrit, je pense que ça commence à se comprendre, mais il y a un truc, quand même, qui vient se glisser dans l'audio et que j'apprends à apprécier. Je crois que l'idée de cette version parlée de l'infolettre m'est venue peu de temps après avoir enregistré Moi les hommes, je les déteste pour Audible. C'était un petit caprice de diva, si le livre se faisait en audiolivre, je voulais le narrer. Une expérience que j'ai adorée. C'était intimidant, de me retrouver dans le box d'enregistrement caché au fond d'une courette parisienne, en avril dernier. Intimidant de réciter mon texte aiguillée par les conseils d'une réalisatrice (oui, comme pour les films), avec une ingé son de l'autre côté, savoir que ce que moi je disais dans le micro résonnait dans l'habitacle où elles étaient assises. Mais au bout de quelques heures, je me suis bien décoincée et c'était super chouette.1

Bref, après avoir parlé toute la journée j'avais la voix un peu enrouée, je me suis dit que des gens allaient m'entendre dire mon texte et j'ai eu un peu le tournis. Un bon tournis. Et peu de temps après, l'audio de l'infolettre naissait dans mon carnet d'idées. Et puis récemment, j'ai enregistré une très longue note vocale pour un podcast (teasing) et même si le résultat sera beaucoup plus propre que ce que je fais ici, je me suis dit : allez, banco, je teste comme ça.

L'audio, ça marche bien. Ça rapproche les gens, et puis ça a ce côté pratique qui permet d'écouter tout en faisant autre chose (je vous écris tout en écoutant des vieux épisodes de 2 heures de perdues) et pour les gens occupées, que ce soit les boss girls ou les super moms, c'est idéal.

L'idée ce sera donc ça. Écrire mon infolettre et puis ensuite vous laisser un message vocal. Vous choisissez le format que vous préférez, à l'écrit il y aura les notes de bas de page, à l'oral il y aura mes hésitations, mes bafouillements et sûrement parfois les bruits de la vie. Si vous pensez que je vais aller supprimer des portes qui grincent ou des travaux dans le fond, vous vous trompez : je suis partisane du travail mal fait mais fait quand même, et aussi finished not perfect.2

Pendant mes études de com, j'ai appris à gérer un projet du début à la fin. J'ai donc appris que pour pouvoir être appelé un projet, un projet doit avoir une fin – ainsi que des objectifs. Et moi j'étais là avec mon blog et je me disais : ça n'a aucun sens, mon blog ne serait donc pas un projet ? C'était pas mal de changer de perspective, c'est à peu près à ce moment-là que j'ai commencé à parler de mon blog comme d'un bac à sable. Il n'a jamais été prévu qu'il ait une fin, et il n'a aucun objectif. C'est pareil pour la newsletter. C'est un medium, un format, une nouvelle manière de faire ce que j'aime faire. Je teste, si ça vous plaît c'est cool, si ça ne me plaît pas, j'arrête.

Avec la monétisation, la création d'une formule payante, je me pose plein de questions : pourquoi je propose du contenu payant et du contenu gratuit ? Pourquoi tout n'est pas gratuit ? Dois-je faire payer mes écrits, sont-ils assez importants, assez intéressants pour mériter rémunération ? Mais en même temps, ne sont-ils pas justement assez futiles et assez inessentiels pour ne pas avoir besoin d'être tous disponibles à tout le monde ? Peut-être, sûrement, que cette proposition audio vient aussi se caler sur une idée de "plus-value" (il faut bien qu'il y ait un/des intérêt(s) à payer), je n'échappe pas comme par magie à des logiques capitalistes qui impliquent de me garantir un revenu à peu près régulier au milieu de mon activité précaire.

(Je m'étonne régulièrement de combien mes études, qui contenaient une bonne portion de marketing, me sont utiles maintenant que j'ai tourné le dos à cette carrière (pour toujours j'espère) : j'ai l'impression de mobiliser de très vieux souvenirs qui ne sont pas périmés.)

Mais pas de mauvais délire. Si je me mets à vous parler avec ma vraie voix maintenant, c'est d'abord parce que j'en ai envie, et que je pense que ça peut être marrant. J'écris toujours et je suis en train de m'imaginer parler à mon téléphone toute seule demain quand j'enregistrerai : oui, ça va être marrant.

À bientôt,
Pauline


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C'est la rentrée ! Comme la formule payante s'enrichit (et que désormais je paye la TVA), son tarif annuel augmente. Il passe à 45 €/an, ce qui reste plus intéressant que le tarif mensuel porté à l'année (vous économisez 15€). Le tarif mensuel, lui, reste à 5 €/mois parce que ça me paraît aberrant de vous demander plus.

Mais jusqu’à fin septembre, avec le lien ci-dessous, vous pourrez profiter du tarif annuel au prix (presque) initial (35,10 €/an). Last chance, comme on dit dans le milieu du capitalisme effréné.

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Cette nouvelle saison me réjouit, elle comportera notamment 4 invité·es dont la prochaine arrive tout bientôt en septembre, et plein de morceaux de vie et de questions existentielles. Comme par exemple : pourquoi Bernard Arnault ne fait pas croquer la moulaga ?

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Je suis pas assez zinzin pour aller l'écouter hein, j'aime bien parler mais pas m'entendre.

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Merci Badisk pour cette vidéo que je regarde régulièrement.